Centre de loisirs de Domont

Localisation de l’action #2 « Echos du vivant » avec la Compagnie Shabano

Première étape : mettre des mots sur les sensations en forêt

Au fil des pas, des mots s’inventent, on commence les traces, on s’imprègne des arbres, les arbres nous guident.

TABLEAU À REMPLIR : UN SEUL MOT PAR CASE

Ce que je vois
La vue
Ce que j’entends
Les sons
Ce que je hume
Les odeurs
Ce que je goûte
Les papilles
Ce que je palpe
Le toucher
arbreschantsSous-boissaléhumidité
feuillesaigushumussucrémousseux
vertespépiementterrebaiesrugueux
baiesruissellementchlorophyleaciderêche
rougecuicuicuiboiséesamerdoux
jauneTocTocTocparfuméesumamitendre
vertffffffffffffsucréesréconfortantlisse
trèflecraquementcitronnéesfondantfroid
herbestremblementmentholéesattendrissantchaud
bâtonsbattementpoivréescroustillantagréable
branchesvrombissementpiquantesrassurantsec
racinesgrognementdécomposéesenveloppantmoelleux

Domont – Jean Moulin
Atelier d’écriture mercredi 5 novembre de 10h à 12h
Dorian au son Cécile à l’écriture – déployer les imaginaires
Lecture de l’album Ma mère est une forêt, du tableau de mots, d’un passage de Lys Martagon
de Sylvain Levey et de Mes forêts d’Hélène Dorion…
Il a même eu l’invention de créatures fantastiques elles sont soulignés et en gras dans le texte.

Héloïse DAVID
Haïkus = Des arbres et des beaux oiseaux
Avec de beaux chants
Des rouges-gorges, des mésanges
– la serpentonaure = Tête de serpent, mains et pieds verts et que de serpent
Planter un noisetier pour attraper les écureuils
Le ruissellement d’une rivière dans laquelle nagent des poissons,
Dans les arbres,
Là des chênes, ici des bouleaux avec beaucoup de mousse et des feuilles rarement vertes,
plutôt jaunes, il y a des écureuils et des oiseaux
Et là, sur les fleurs, des roses et des marguerites
Une coccinelle
Je l’aime beaucoup
Je ne l’oublierai jamais
Je décide de ne plus écraser d’insecte
Je n’oublierai jamais mon chat petit, tout tchoupi

Tyfenn LE NEVÉ
Haïkus = Ce magnifique bouleau a
Une écorce blanche
Qui s’effrite quand on la touche
Un cheval avec des ailes de moucheron, une queue de souris et un museau de cochon
Je me balade dans la forêt
J’entends un oiseau chanter
Je me rapproche de l’arbre
J’aperçois un rouge-gorge
Il me dit un secret
Je me souviens des bons moments avec ma chatte
Elle est morte quand j’avais 5 ans
J’ai beaucoup pleuré

Soheil Abdelati
Haïkus = Un jour j’ai vu un chien blanc
Il a des tâches noires
J’ai aussi vu sa maîtresse
Ma créature a des ailes de dragons sur le dos, des têtes qui poussent dans tous les sens
comme une hydre et les jambes d’un minotaure
Paysage vert, jaune, orange
Sentir
Je vois une forêt avec des chênes, des châtaigniers, des bouleaux
Des baies et des pommes
De temps en temps
Des écureuils montent aux arbres
J’entends des oiseaux chanter et des branches craquer
Je fais une rencontre avec des plantes et des fleurs
De mon enfance, je voudrais retrouver « Citron »
Ma perruche qui n’est plus là aujourd’hui

Andrea Duval
Haïkus = J’ai trouvé un joli pin (écrit pain)
Il joue avec moi
On s’amuse bien ensemble
Cite-de-fleur une créature avec un corps de cheval, une tête de chien pouvant cracher de la
glace
Je colle mon oreille et mes mains sur l’arbre que j’ai choisi
Et j’écoute tous les bruissements
Ma rencontre avec un chien me remplit le cœur de joie
M’enlève toutes mes mauvaises pensées
Me rappelle ma chienne, Elia, elle n’est plus là
Je ne l’oublierai jamais
J’aimerai garder le souvenir de ma liberté
Ma mère me laissait grimper
Sur tous les arbres
Sans me dire « fais attention ! »

Marius Tolassy
Haïkus = Des oiseaux dans les branches
Du jaune et du gris
Un rouge-gorge cuicuicui

Ma créature a un corps de lion, une queue de serpent et une tête de taureau
Je ne sais pas trop pourquoi mais je n’aime pas les souris
J’ai rencontré un écureuil
J’ai déjà vu un ver de terre et une limace
J’entends des toctoctoc, cuicuicuicui, les craquements des branches.
J’aime les arbres secs, gouter les baies acides, toucher les feuilles douces
Je voudrai garder mes jours d’enfance dans la forêt. J’aime me balader dans la forêt avec mes
parents et regarder les châtaigniers et les bouleaux. Dans mon jardin Il y a un incroyable
bouleau et des baies jaunes. J’aime écouter le chant des oiseaux au milieu des
fffffffffffffffffffffff du vent.

Gabriel Crocquefère
Haïkus : Respirer le paysage
Turquoise la mer
Clac – clac le bec de l’oiseau
Ma créature a un corps de chèvre, une queue d’écureuil et une tête de serpent
Moi, j’ai déjà fait une rencontre avec un arbre qui s’appelle un châtaignier
Je suis resté silencieux
À côté d’une fleur
Sur les épaules de mon papa
Sur les épaules de maman
Dans la forêt
J’aime bien me promener
Une fois on est allé jusqu’à un lac bleu
Il y avait des citronniers
Ça sentait bon le citron

Anaïs Billmann-Cauquil
Haïkus : Toucher le vert et le jaune
Bleu, gris, blanc, rouge-gorge
Les écureuils montent dans l’arbre
Ma créature a une tête de guépard, un corps de mouton, les sabots d’un cerf et une queue de
rat
Les rats, c’est mignon. J’adore la forêt et les renards.
Depuis que je suis toute petite, je joue avec mon frère, mais à force de grandir, mon frère il ne
joue plus. On avait vu un cerf en Angleterre et des écureuils mignons.
Dans le parc, je mange des pommes pas mûres. C’est acide.

On pourrait créer une compote avec des marrons…

Julia Agbohoum-Nucci
Haïkus : Violet, bleu, vert, jaune, rouge gorge
Ici un héron
Là un hérisson c’est beau
Le chêne noir dans la forêt
Tous ces merles bleus
Et le lièvre qui se balade
Ma créature est un cochon géant avec des cornes et des dents de phacochère habillé d’une
veste d’ogre
Je me baladais dans la forêt quand j’ai entendu un bruissement dans les arburstes. Tandis que
je fouillais le buisson, un lièvre bondit et s’approcha de moi. Il m’a laissé le caresser.

Domont – Pierre Brossolette
Atelier d’écriture mercredi 5 novembre de 13h30 à 15h30

Romain à l’encadrement// Cécile à l’écriture – déployer les imaginaires
Aucun des 8 enfants présents n’avaient fait la balade sensorielle… Alors on est descendu dans
cette jolie cour de l’école pour faire l’expérience sensorielle avec les deux tilleuls. Un avait
perdu toutes ses feuilles. On a écrit un poème ensemble à partir du pré-poème de Philippe
Berthaud.
On a lu l’album Ma mère est une forêt, le tableau de mots, et là, pour deux petites filles, Lara
et Salomé, les vannes de l’écriture se sont totalement ouvertes ! Quelle immense joie ! Je n’ai
jamais vécu ça de ma vie. Les autres aussi ont écrit. C’est incertain. Mais c’est si touchant…

POÈME COLLECTIF

VISAGE DU TILLEUL DE LA COUR DE L’ÉCOLE PIERRE BROSSOLETTE

Mon visage est rugueux
Il chatouille

Il ne cache pas son origine de rêche
Ni mes mains de doux
Ni mes yeux de branches
Mes lèvres racines
Mes sourcils feuilles
Dans mon visage moussu

Vous pouvez lire écorce
Dans mon visage planté
Il y a des sentiers enracinés
Mon visage est sève
Il sort du goudron

Il est une fenêtre sur le gendarme qui grimpe sur mon tronc

Liyah
L’oiseau
On est descendu pour aller dehors. Et je l’ai vu. L’oiseau. Il est mignon et il m’a dit qu’il aimait
voler et chanter. Il adore ça. Et, je suis restée. J’ai caressé l’oiseau. Et il m’a dit de le suivre. Il
m’a emmenée dans un endroit incroyable. Il y avait des cris doux, il y avait une biche, il m’a dit
de garder le secret. Nous étions dans une forêt. Et tout à coup, j’ai eu peur de cette forêt, et
l’oiseau m’a demandé : pourquoi as-tu peur ? Et j’ai répondu : j’ai peur qu’il y ait des chasseurs. Non, m’a-t-il répondu. Il n’y en a pas. Ouf ! Oh non… je dois rentrer chez moi… Au revoir, l’oiseau ! Et l’oiseau me répondit, maintenant, tu sais où me trouver, dans mon arbre !

Chloé Le Moult
L’arbre, je trouve qu’il gratte. Quand je suis descendue, j’ai vu la barrière verte.
Moi, je suis déjà allée en forêt. Mais pas en trottinette. Non, parce que j’avais mis mes bottes
aux pieds. Et en arrivant dans la gadoue, ma chaussure s’est enfoncée, et elle est restée là, et
ma chaussette toute sale, dans la boue.


Lina
J’ai touché un tronc d’arbre. Il est rugueux. Il me fait penser aux renards, aux hérissons, aux
sangliers, aux écureuils, aux ratons laveur. Le craquement sous mes doigts. J’ai envie de
gouter. C’est acide.


Salomé
Les arbres poivrés, tendres et verts
Branches citronnées
Vent parfumé et humide
Les baies rouges sucrées et sèches
L’odeur du sous-bois
Au pied de l’arbres, un trèfle
Quand je sors, je vois le parking. Sur le parking, une voiture grise. Je touche un arbre, ses
écorces sont douces. Je hume une feuille sèche. Elle craque.
Je suis cette feuille. Je viens de tomber de mon arbre. Enfin. J’attendais ça avec impatience. Je
m’envole. Un premier poteau m’arrête. Je lutte pour ne pas m’endormir. Un coup de vent. Je
m’envole à nouveau. Vers pleins d’autres feuilles. Des jaunes, des rouges et des oranges. Je me
sens bien. Entourée. Je suis avec mes copines pour explorer le monde. On s’envole à nouveau.

On se pose à côté d’un gendarme rouge et noir. Il s’abrite sous nos feuilles. Il pleut. Quand je
me réveille je suis au milieu de la verdure. À côté il y a un grand chêne et une roseraie… Je
sens l’odeur des roses.


Chloé Léger
Je suis la chienne de Chloé. Le matin, mes maîtres m’emmènent dans les champs, et je cours
partout ! Parfois je vais renifler des trous de lapins, de hérissons et parfois même, une famille
renard. Des fois, je croise des copains, des copines. Avec leur maitre. On aime bien quand les
maitres se parlent car on peut se saluer aussi. Moi, j’aime bien quand je suis avec Chloé, ma
petit maîtresse adorée. Un jour, elle avait oublié ses lunettes, donc elle voyait flou, alors je l’ai
fait se rapprocher, pour qu’elle voit le petit renardeau qui court et qui court et qui court. Alors
on court avec lui !


Lara
En descendant dehors, j’ai vu la pergola. Et j’ai entendu. Une voix.
Une toute petite voix.
Hého, là ! Tu me vois ! oui ! Tu me vois. Je suis la feuille sur la pergola. Tous les jours, en
dessous de moi, je vois des enfants qui jouent. Des amitiés qui naissent. Ça me rend joyeuse.
Tous les jours, je vois des nouvelles têtes.
Puis une voix craquante.
Je suis le tilleul dans la cour de l’école Pierre Brossolette. Tu m’entends ? Je me sens léger
comme une plume au milieu de ses enfants. Je cache des secrets incroyables. J’abrite des tas
d’êtres vivants. Et ensemble, on se permet de mieux exister. Je me sens léger comme une
plume parce que je me sens utile. Je sers à quelque chose à des tas de petits humains aussi !
À respirer notamment !
J’entends un nouveau souffle. Une autre voix.
Je suis là, à tes pieds, là par terre. J’ai été arrachée de mon arbre, une cerisier du Japon, et je
me suis envolée, loin, très loin, j’ai visité toute l’île du Japon, puis l’île de Pâques, j’ai remonté
jusqu’au Canada et j’ai traversé l’océan avec d’autres feuilles. Une tornade nous a fait arriver
jusqu’au parc des Coquelicots, puis il a suffi d’une petite bourrasque pour que j’arrive à tes
pieds, dans cette cour d’école.


Sohan
On va dehors… On prend les escaliers gris. J’ai touché un arbre sans feuilles. Il les avait toutes
perdues. C’est l’automne. Je suis allée au parc des Coquelicots, puis j’ai pris une pomme
tombée de l’arbre. Un pommier. Mais la pomme n’était pas mûre. Elle était acide. Et ça m’a
rappelé quand je suis allé dans un camping qui s’appelait Tropicana.